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SciencesPo ou SciencesPeuh ?

  • Écrit par Léo
  • Catégorie : Médias
Capture d'écran 20mn 19/11/16

Il est des sons, des odeurs, des images, qui ont cet étrange pouvoir de vous donner le frisson, de faire se hérisser le poil ou le neurone.

Des mots, des écrits aussi.

Ce fut le cas à la lecture de la remarquable expression « Avec quel candidat vos idées matchent-elles le plus ? », offerte gracieusement par le site 20 minutes avec l'aimable soutien de... SciencesPo et du Centre de recherches politiques CEVIPOF-CNRS1 !

Comment peut-on écrire une telle horreur, blessant tant l'oeil que l'oreille et l'esprit ? Comment peut-on massacrer notre langue à ce point ?

Une Rédaction peut-elle être réellement dépourvue d'ouïes pour produire, et tolérer, une phonétique aussi désastreuse, signe d'une expression inacceptable, d'une honteuse dépravation intellectuelle ? 

Et bénéficier pour cela du support de SciencesPo et du CNRS !

À décharge, l'auteur(e) n'a pas omis le trait d'union...

Poussé par la curiosité (veiller, chercher, vérifier, credo du journalisme...), me voilà sur la page de SciencePo, version française. Et là... patatras !

Dès la page d'accueil2 apparaissent des « Executive education », des « Summer school » à côté des trop célèbres « Masters » et autres « Massive Open Online Courses — MOOCS ». Et j'en passe.

Poursuivant l'exploration, en pleine apnée, je parviens à un beau tableau3 décrivant les diplômes délivrés, et c'est la calamité : outre le précité master, l'on y trouve (oui) des « Ph. D » (Philosophiæ doctor) et des « Bachelors » !

Mieux, des stages à l'étranger sont proposés à ces bachelors, stages devant se tenir dans les campus... de Dijon, du Havre... de Paris !

Diantre ! Aurais-je loupé un chapitre ? La vénérable institution serait-elle passée sous pavillon américain ? Aurait-elle déménagé ?

Non pas. L'adresse indiquée est bien : 27, rue Saint Guillaume - 75337 Paris Cedex 07 !

Comment tout cela se peut-il ? Un tel abandon ! Une capitulation fournissant une évidente caution à de médiocres rédacteurs se gavant du pire franglais.

Effaré et m'apprêtant à en finir, je découvre que l'organisme a créé son école de journalisme4, « SciencesPo - École de journalisme », l'une des « quatorze écoles reconnues par la profession » délivrant des masters en journalisme ! Ni plus, ni moins !

Eh oui ! Le métier de journaliste est, aujourd'hui, réglementé et rigoureusement formaté.

Un comble quand on sait que ni Émile Zola, recalé au baccalauréat, ni Dorothy Day dépourvue de bachelor (l'authentique) ni Albert Londres, tout juste bachelier, ni même Joseph Kessel, fort d'une petite licence de lettres, et tant d'autres, ne sauraient être actuellement reconnus par une profession fermée sur elle-même et enfermée dans ses échecs, y compris les plus actuellement cuisants.

Albert Londres, dont la profession ose utiliser le nom pour décerner, chaque année, le prix éponyme !

Des hommes et femmes qui, dépourvus de masters en journalisme, savaient écrire, décrire, relater merveilleusement.

Des hommes et femmes brillants dont la pensée, une pensée véritable, guidait les commentaires et analyses, les écrits.

À l'inverse des innombrables pisse-copie produits par le système actuel, pour qui le monde est fait de 0 et de 1, pour qui la vie n'est que bits, pour qui le métier est numérique. Des gens formés avec une « ambition renouvelée, à la fois plus éthique, numérique et critique » à en croire Bruno Patino, directeur de ladite école, c'est tout dire...

Les programmes ? À peu près tout ce qu'il conviendrait d'exclure.

L'humain ? C koi ? C ou ? L'algorithme ne le dit pas... Le programme non plus. Comme pour le reste, soit l'essentiel.

La déroute généralisée et son paroxysme récent, s'expliquent. Mais l'heure est encore loin d'être à l'autocritique, selon Alain Chalvron, pour qui l'erreur vient des... sciences politiques5 !

La boucle est bouclée.

La pauvreté du langage reflète celle de l'esprit et de la capacité d'analyse. Mépriser sa propre langue revient à mépriser ses compatriotes, ses concitoyens, ses voisins. Et les institutions qui nous unissent.

Promouvoir et cautionner une telle pauvreté, un tel mépris, est indigne d'un « établissement universitaire de premier plan ».

Et la débâcle actuelle se comprend mieux quand on sait que cet établissement est chargé de former les acteurs du pouvoir, des pouvoirs, y compris le « quatrième6 ». 

Le recommandera-t-on, ainsi que sa « Summer School [qui] permet de suivre des cours de sciences sociales et de langue française à SciencesPo et de découvrir son environnement, le temps d’un été » ? Ses « Massive Open Online Courses » ?

À tous ceux dont on peut être sûr qu'ils n'inventeront pas le fil à couper le beurre, peut-être.

Ni la panacée, dont nous avons pourtant grand besoin.

Quant à la boussole...

Léo

 

1À propos de l'élection primaire de la droite et du centre.
2Voir les menus, notamment - www.sciencespo.fr.
3www.sciencespo.fr/formations/en-coup-dœil-formations.
4www.journalisme.sciences-po.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=15&Itemid=188.
5francetvinfo - 20 novembre 2016 12 h 20
6Les trois pouvoirs constitués (exécutif, législatif et judiciaire) et... la presse et les médias.

Abus de langage

  • Écrit par Léo
  • Catégorie : Médias
20mn 19/08/16 #AmiensEnVrai Abus langage

Une fois, 2, puis 3. Et encore, 10, n... Et n+1, celle qui est de trop !

Le site 20minutes.fr le proclamait le 19 août : #AmiensEnVrai: Les internautes défendent leur ville après la diffusion de l'émission «La rue des allocs»

Lire la suite : Abus de langage